Définition

Le plan cavalier est l’héritier d’une tradition européenne née au début du XVI° siècle. Il permet d’obtenir un portrait des villes en une vision globale des lieux, révélant l’urbanisme, l’architecture et la nature environnante. Sa vue aérienne rapprochée permet d’appréhender la structure des villes, de révéler la variété des types urbains. Ils aident aussi à percevoir la croissance progressive des villes. La vision globale qu’autorise le plan cavalier souligne l’équilibre existant entre le bâti et les espaces libres ou les jardins. Outil de connaissance, il est une base de travail pour préparer la sauvegarde de quartiers ou d’édifices. Il apporte en effet des informations sur l’architecture des villes, mettant en évidence les caractéristiques régionales majeures, à travers la reproduction la plus fine possible de nombreuses constructions.

Géométrie

Il s’agit d’un mode de représentation dans lequel les dimensions réelles sont respectées, largeur, profondeur et hauteur. A la différence de la perspective où les volumes diminuent de taille en fonction de leur éloignement. La perspective centrale, avec son horizon à hauteur d’homme et son point de vue unique, offre une vision trop ponctuelle de l’espace pour que se révèle l’univers géométrique de la totalité d’une ville. Il faut donc prendre du recul, se détacher du sol, et adopter un point de vue aérien, une méthode pour regarder les grands objets comme s’ils étaient petits. Il s’agit d’une perspective globale ou plutôt d’une perspective axonométrique. Les choses sont représentées comme si l’observateur était infiniment éloigné de l’objet qu’il regarde. Rejeté à cette distance infinie, l’œil de ce spectateur céleste ne verrait jamais converger des droites parallèles entre elles. Ce point de vue théorique offre pour l’arpenteur, l’architecte ou l’ingénieur, l’immense avantage de conserver dans l’image la mesure des choses selon des échelles déterminées pour chaque direction de l’espace. L’image combine le plan, l’élévation dans une perspective où toutes les parties – qu’elles soient proches ou lointaines – apparaissent en fonction, non de leur éloignement, mais de leur vraie grandeur. La faiblesse de ce  type de représentation reste celui de l’écrasement de la topographie, dont les différences de niveau se trouvent évidemment aplaties par la position trop éloignée de l’œil.  Et il n’y a plus que la virtuosité du dessinateur qui pourra palier à cette carence, notamment avec le dessin des ombres qui pourront souligner  les différents accidents du terrain.

Disparition

C’est une des raisons, d’ailleurs, pour laquelle, le plan cavalier a malheureusement disparu en 1840. Les courbes de niveaux apparaissent, et de manière plus simple, plus rapide, mais moins spectaculaire ou sensible, il est possible de répondre aux besoins de la cartographie. Seules donc quelques 140 villes françaises ont bénéficié du rare privilège d’avoir été relevées entre 1521 et 1840.

Résurrection

La collection des 60 plans cavaliers que j’ai dressée en France est le résultat de 12 années d'un travail acharné. Ces plans, construits à partir du cadastre, d'une multitude de relevés sur place et de mises  à jour régulières, constituent désormais le portrait le plus fidèle et précis de nos villes. Et nous pouvons affirmer être les seuls en France à se livrer à cet exercice de représentation, contrairement à d’autres pays voisins, comme l’Allemagne et l’Italie, où une tradition du dessin d’Architecture reste toujours d’actualité.